Création 2017/2018

 

Spectacle créé à Tropiques Atrium Scène Nationale du 19 au 20 janvier 2018.
Compagnie en Résidence de Création à Tropiques Atrium Scène Nationale (2017-2020).

Résumé ⎢ Une nuit chaude de carnaval, un séducteur sans coeur s’enflamme pour une danseuse masquée au charme sulfureux, qui tout en attisant son désir, se refuse à lui. Elle l’entraine dans une parade amoureuse vertigineuse, au cours de laquelle l’homme, grisé par son désir libertin, fera tout pour la conquérir. Il ne réalise pas à ce moment qu’il est la proie de Ladjablès qui l’attire dans un piège pour le perdre.

Le propos | Tout en puisant dans une légende singulière, l’oeuvre offre un questionnement universel, à savoir l’identité de l’être dans un groupe social normalisé et normalisant. Comment se construit-on au féminin ou au masculin dans une société qui nous impose des codes sociaux parfois aliénants, stigmatisants, limitants ? Peut-on s’affranchir des masques que l’on porte, hérités de l’éducation, du genre, des médias, de la religion ?

Une langue poétique et musicale | Ici résonne le français parlé en pays créole, inspiré da la voix du conteur. Ce français qui se décale et se réinvente en contact avec une histoire et un espace culturel singulier, une langue « dominante » qu’il s’agit de détourner, de désacraliser, pour mieux se la réapproprier. Aussi, l’écriture de la pièce navigue entre dialogues, « plaidoiries », chansons, slam, rap, rythmiques vocales qui valorisent la langue des personnages et surprennent l’oreille du spectateur. Plus qu’un texte à entendre, Ladjablès est un texte à écouter.

Un spectacle pictural | Plus qu’une pièce de théâtre à voir, Ladjablès est un spectacle à regarder. La mise en scène s’inspire de l’univers du carnaval et des cultures populaires antillaises, à la recherche d’une forme esthétique « totale », caractère intrinsèque du carnaval, qui sait unir plusieurs langages artistiques pour ne former qu’une seule et même langue. Son univers esthétique séduit l’oeil du spectateur, lui offrant une vitrine des cultures afro-caraïbéennes, par le prisme foisonnant du carnaval.

Retour d’une légende oubliée ⎢ Personnage légendaire répandu dans la Caraïbe et au-delà, Ladjablès prend racine dans nos contrées à l’époque post-esclavagiste dans le but de créer la peur et de poser des interdits au nom de la morale.

Cette créature emblématique de la mythologie caribéenne incarne une puissance féminine majestueuse qui inspire effroi et fascination. Figure du féminin subversif, « femelle dominante » rebelle au modèle féminin normalisé, La Diablesse provoque la bascule des hommes, des valeurs, et des mondes.

Chimère du désir masculin, ce monstre de beauté se manifeste au milieu des hommes et enflamme leur désir, avant de s’effacer avec une proie, qui aura eu l’audace de la suivre au risque de sa vie.

Comme nombre de personnages des contes et légendes traditionnels, La diablesse s’efface des imaginaires. L’un des enjeux de cette création est de relayer la tradition orale, entre l’ancienne et la jeune génération, afin de mettre en valeur un imaginaire en voie de disparition, dans un contexte de mondialisation médiatique, marchande, culturelle uniformisante et aliénante.

Une équipe de création paritaire ⎢ Texte, mise en scène Daniely Francisque ⎢Acteurs-Danseurs Rita Ravier et Patrice Turlet ⎢ Musique DJ Noss ⎢ Chorégraphie Max Diakok ⎢Lumière Viviane Vermignon ⎢Vidéo Frédéric Lagnau ⎢ Scénographie Daniely Francisque en collaboration avec Dominique Guesdon ⎢Costumes Melissa Simon-Hartman et Sylviane Gody ⎢Accessoires Yannick Verrès ⎢ Maquillage Josélita Francisque ⎢Coiffure offerte par Leïla O’Naturel ⎢ Affiche Harold Gene ⎢ Collaboration artistique Watabwi, Roseline Cyrille, Muriel Bedot, Bernard Lagier

Durée 1h30